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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 18:31
Le vol n'est pas l'apanage des oiseaux. Avant leur apparition, les cieux étaient dominés par les ptérosauriens, des reptiles volants dont l'envergure pouvait atteindre 12 mètres. Les chauves-souris (qui sont des mammifères) se déplacent aussi aisément que les oiseaux dans les airs, bien que leur anatomie soit radicalement différente. Ce qui distingue les oiseaux des autres individus capables de voler, ce sont leurs plumes. L'heureuse destinée de cette grande famille n'est plus à prouver : plus de 9000 espèces sont répertoriées.
L'ANCÊTRE DES OISEAUX

 

On ignorait tout des ancêtres des oiseaux, lorsqu'en 1861, dans une carrière de Bavière, deux ouvriers fendirent un bloc de pierre à chaux et dégagèrent les restes fossilisés de ce qui semblait être un oiseau primitif.
L'ARCHEOPTERYX. Cet oiseau fossile a vécu il y a environ 150 millions d'années. Il avait plusieurs caractéristiques en commun avec les oiseaux actuels.

L'empreinte des plumes attachées aux membres supérieurs et la présence d'une queue, comme chez les oiseaux d'aujourd'hui, ainsi que d'autres caractères anatomiques permirent d'établir la parenté de ce fossile avec les espèces actuelles d'oiseaux. Ainsi, on retrouve la "fourchette", résultat de la réunion des deux clavicules : elle prouve que cet animal volait réellement et ne faisait pas que planer.
Cet oiseau primitif appelé ARCHEOPTERYX :"vieil animal ailé", avait à peu près la taille d'un gros pigeon. Certains aspects rappellent les dinosaures bipèdes, comme le COMPSOGNATHUS, petit carnivore de la même époque. Les scientifiques supposent d'ailleurs qu'il existe probablement un lien de parenté entre les reptiles et les oiseaux.

L'Archéoptéryx n'est sans doute pas le seul ancêtre des oiseaux modernes. Plusieurs détails anatomiques différent et il est probable que coexistaient à l'époque (il y a plus de 150 millions d'années) d'autres formes primitives d'oiseaux dont on n'a pas retrouvé la trace. Elles ont participé, au même titre que l'archéoptéryx, à l'apparition sur terre des multiples espèces actuelles.


Chez les oiseaux modernes, les trois griffes que l'archéoptéryx portait sur le devant des ailes ont complètement disparu. Cette caractéristique a néanmoins survécu chez le HOAZIN (Opisthomocomus Hoatzin), qui vit dans les forêts d'Amazonie. A l'éclosion, l'oisillon est muni de deux "crochets" bien développés sur la face antérieure de chaque aile, lui permettant de se déplacer dans les arbres. Ses plumes alaires poussent plus lentement que chez les autres espèces et, une fois sa croisance achevée, l'oiseau perd ses crochets.

UN TEMOIN DE L'EVOLUTION :
Grâce aux crochets de ses ailes (qui rappellent celles de l'archéoptéryx)
et de ses pattes, le jeune HOAZIN (ci-dessous),  peut s'agripper aux branches.





Comparé aux oiseaux de notre époque, l'archéoptéryx avait une mâchoire dentée, et ses longues pattes suggèrent un mode de vie essentiellement terrestre. Aucun des fossiles retrouvés jusqu'à présent ne présent le développement typique du sternum, qui sert de point d'attache aux muscles pectoraux assurant la puissance nécessaire au vol. D'après les études anatomiques, les chercheurs pensent que l'archéoptéryx était un petit prédateur insectivore, capable de courir sur le sol comme de voler ; il grimpait sans doute aussi dans les arbres, grâce à ses griffes, pour y chercher sa nourriture.

On suppose que les oiseaux ont progressivement évolué vers les formes actuelles, notamment de la fin du crétacé (il y a 65 millions d'années) à l'éocène, et c'est leur capacité à voler qui en fait une classe animale à part entière. Dans cette dernière période (il y a 54 à 38 millions d'années), les chercheurs ont identifié les fossiles d'au moins trente familles d'oiseaux existant aujourd'hui.


LE SQUELETTE



Pour survivre, la plupart des oiseaux dépendent de leur aptitude au vol. Un poids excessif compromettrait cette faculté ; aussi n'est-il pas surprenant de constater que, proportionnellement, le squelette des oiseaux est beaucoup plus léger que celui des mammifères.
Leur ossature crânienne est fine et donc plus sujette aux risques d'un traumatisme violent, tout au moins chez des oiseaux de taille réduite.
Les variétés les plus vulnérables sont les perruches australiennes, très rapides en vol, qui peuvent donc se blesser en heurtant le grillage de la volière, et les cailles, très nerveuses, qui décollent parfois du sol avec une force de projection considérable.

La tête de l'oiseau est également plus légère du fait de l'absence de dents. Autre particularité : la taille des orbites. La vue étant le sens le plus développé chez les oiseaux, les globes oculaires ont un volume très conséquent. La pupille est entourée par l'iris, très coloré chez certaines espèces.

UNE CHARPENTE SOLIDE :

La fusion de plusieurs vertèbres, parfois au-dessus des côtes, mais plus communément au niveau du bassin, renforce leur stabilité. Le poids est donc bien réparti le long du corps, surtout quand l'oiseau est à terre.

Théoriquement, étant donné la position de leur centre de gravité, les oiseaux devraient être gênés dans leur marche comme dans leur vol et avoir tendance à tomber en avant. Ils ont en fait conservé la possibilité de ce double moyen de locomotion grâce aux ajustements du squelette dans la région du bassin.

MUSCLES DU VOL
L'humérus est une zone essentielle d'insertion musculaire.
Quand l'aile est rabattue au cours du vol, des os spécifiques l'empêchent d'écraser la cage thoracique.
De chaque côté du corps, les omoplates (scapula) reçoivent l'articulation de l'aile.
Le coracoïde et la fourchette (association des deux clavicules) renforcent la structure osseuse.
Le sternum est attaché au coracoïde, offrant une grande surface d'adhésion aux muscles.



Certes, l'articulation de la hanche est grosso-modo, semblable à celle des mammifères, la tête du fémur s'emboîtant parfaitement dans la cavité cotyloïde. Mais il existe une différence déterminante : le fémur est orienté vers l'avant et solidement maintenu dans cette position contre le corps, par des muscles.
Par conséquent, le fémur est nettement moins mobile que chez les hommes, mais les pattes peuvent se rapprocher du centre de gravité. L'axe de flexion de la patte se situe au niveau du genou et non plus haut. L'équivalent de notre cheville, là où le tibia et le métatarse se rejoignent, s'étend jusqu'aux orteils et se termine par des ongles.

Les ailes ont à peu pès perdu en totalité la spécialisation digitale habituellement d'évolue aux membres antérieurs. De fait, il ne reste que l'équivalent du deuxième, du troisième et du quatrième doigt. Cette mutation est déjà perceptible chez l'archéoptéryx. Les métacarpes se sont soudés, offrant un point d'attache puissant aux rémiges primaires (grandes plumes de l'aile). La structure osseuse de l'aile est relativement constante d'une espèce à l'autre, mais la forme des plumes est très variable d'une famille à l'autre.

La cage thoracique est renforcée par la structure spécifique des côtes : en forme de crochets (ou unciformes), elles sont dirigées vers l'arrière et se chevauchent. Elles offrent donc un soutien supplémentaire, en particulier chez les oiseaux plongeurs.

Les ailes ont besoin de muscles puissants (les pectoraux) pour assurer leur stabilité et leur efficacité. Fixés sur le bréchet (la crête sternale), ces muscles constituent parfois la moitié du poids de l'oiseau.

Enfin, la coupe des os révèle une structure en nid-d'abeilles, ce qui réduit notablement le poids de l'oiseau.


LE SYSTEME DIGESTIF



En dehors des particularités propres à chaque espèce, tous les oiseaux ont une configuration digestive semblable. Ils décortiquent la graine pour en extraire l'amande, ou déchiquettent les aliments avec leur bec pour les avaler plus facilement. Les pigeons et les colombes sont différents des autres granivores : ils avalent les graines sans les décortiquer.

La nourriture passe de la bouche à l'oesophage, via le pharynx, puis atteint le jabot. Cette poche ne joue aucun rôle particulier dans la digestion chimique des aliments, sauf chez l'étonnant hoazin dont l'alimentation exclusivement végétale commence par être digérée dans le jabot. Véritable lieu de transit, le jabot stocke, régularise le flux alimentaire, réchauffe et ramollit les aliments. S'il est peu rempli, les aliments arrivent rapidement dans l'appareil digestif. Chez certains oiseaux comme le pigeon et la colombe, la tunique interne du jabot subit une transformation au début de l'incubation : une hormone, la prolactine, déclenche la sécrétion d'une substance blanche, parfois appelée "lait de jabot" riche en protéines et en graisses. C'est ce "lait" qui nourrit les petits les premiers jours qui suivent l'éclosion.
Après avoir transité dans le jabot, les aliments parviennent dans le ventricule succenturié, appelé aussi estomac glandulaire, ou proventricule. Là, il se mêlent à du suc gastrique, de l'acide chlorhydrique et de la pepsine (l'enzyme responsable de la scission des protéines en acides aminés).
L'organe suivant est l'estomac musculaire, ou gésier, chargé de broyer graines et aliments. L'épaisseur du muscle dépend du régime de l'oiseau. Les perroquets qui se nourrissent essentiellement de graines sèches ont d'ordinaire un gésier aux parois épaisses, à la différence des nectarivores (comme les loris), chez lesquels il est plus mince.
Habituellement, les granivores avalent aussi des graviers et des coquilles qui restent dans le gésier et font office de meules. Leurs arêtes tranchantes broient les aliments, empêchant les particules alimentaires de s'agglutiner.
L'intestin des oiseaux est moins développé que celui des mammifères. Le pancréas débouche directement dans le duodénum, auquel le foie est également relié par le canal biliaire. Le suc pancréatique joue un rôle important dans la digestion en produisant des enzymes qui séparent les différents composants des aliments afin qu'ils puissent être absorbés par l'organisme. Plus bas dans l'appareil digestif peut se trouver une série de canaux comblés par du tissu lymphoïde : les caecums. Ils sont plus volumineux chez les oiseaux qui se nourrissent de végétaux. Ils renferment des bactéries qui digèrent la cellulose contenue dans les plantes. Les caecums sont rudimentaires chez beaucoup d'autres espèces, notamment les colibris. Ils sont absents ou à l'état de vestige chez les psittacidés.
Le rectum termine l'appareil digestif et conduit également au cloaque, où s'abouchent les orifices urinaire et reproducteur. Les reins sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale, en contact étroit avec le bassin. L'urine des oiseaux est constituée en grande partie d'acide urique -la partie blanche des fientes. Les oiseaux n'ayant pas de vessie (à l'exception des autruches), l'urine passe directement dans le cloaque, via les uretères. Là, l'eau est réabsorbée par l'organisme, si bien que, au moment de l'excrétion, l'acide urique se trouve sous forme d'un concentré blanchâtre, semi-solide.

LE VOL ET LES PLUMES


L'aile de l'oiseau fonctionne à peu près comme la voilure d'un avion, l'air ne circulant pas à la même vitesse sur l'aile et sous l'aile. La face supérieure étant bombée, et la face inférieure concave, l'aire glisse plus rapidement au-dessus de l'aile car la pression est réduite. Le bord antérieur de l'aile est rigide et fend toujours l'air dans le même sens. Enfin, la différence de pression entre les deux faces assure à l'oiseau sa force de sustentation.
La forme de l'aile influe directement sur l'aptitude au vol. Les oiseaux pourvus d'ailes relativement larges, comme les vautours, peuvent remonter les masses d'air chaud en se laissant porter, ce qui économise leurs forces. Le sol chauffé par le soleil dégage de la chaleur, qui s'élève en allégeant l'air et en fournissant à l'oiseau une poussée suplémentaire. C'est pour cette raison que les migrateurs préfèrent survoler les terres plutôt que les mers où ces courants chauds, appelés aussi ascendances thermiques, n'existent pas.

LE RÔLE DES PLUMES

Les longues plumes servant au vol, ou rémiges primaires, qui maintiennent l'oiseau en l'air, sont situées sur la partie postérieure de l'aile. Leur nombre est généralement de onze, six étant fixées sur le métacarpe et les cinq autres s'étendant jusqu'à l'extrémité de l'aile, le long des phalanges. Mais ce nombre peut être différent chez certaines espèces. La quantité des rémiges secondaires, fixées sur le cubitus, varie bien plus d'une espèce à l'autre. On en compte une demi-douzaine seulement chez les petits passereaux, alors que l'albatros, un excellent planeur, peut en posséder quarante. Plus près du corps se trouvent les plumes de couverture, ou tectrices. Au niveau de l'aile, le bord large de ces plumes est orienté vers l'arrière, ce qui réduit notablement la résistance de l'air au cours du vol. Les rémiges primaires servent principalement à la propulsion. Les plumes s'écartent quand l'aile se meut vers le haut, laissant l'air circuler entre elles. Quand l'aile se rabat, les plumes se plaquent les unes contre les autres, provoquant une poussée en avant. Grâce à son "aile bâtarde", ou alule, située à l'extrémité du bord antérieur de l'aile, l'oiseau contrôle le flux d'air au-dessus de l'aile et réduit les turbulences.
En dehors du vol, les plumes assurent une autre fonction : l'isolation thermique. Les oiseaux ont généralement une température corporelle beaucoup plus élevée que celle des mammifères : en moyenne de 41 à 43,5°C.
Les petites espèces perdent de la chaleur plus rapidement que les grosses, elles ont donc besoin d'être plus protégées. En moyenne, le plumage représente de 6 à 10 % du poids du corps : un plumage fourni assure aux oiseaux une bonne protection contre les éléments naturels.

LA MUE



Chez la plupart des espèces, les plumes ne se développent que sur certaines parties du corps : les "ptérylies". Leur nombre varie selon la saison ; les oiseaux des régions tempérées ont en général un plumage plus dense l'hiver que l'été. La mue est provoquée par les hormones que produit le système endocrinien ; elle permet aux plumes endommagées ou usées d'être remplacées régulièrement.
Pendant la mue, les besoins énergétiques de l'oiseau augmentent. L'ingestion d'aliments s'accroît en proportion et des restrictions alimentaires au cours de cette période peuvent entraîner un retard de croissance des nouvelles plumes ou encore des modifications anormales de la pigmentation. Il arrive par exemple que le plumage vert des perruches à collier se parsème de quelques plumes jaunes. Il suffit alors de remédier à la carence alimentaire pour que les plumes retrouvent un aspect normal à la mue suivante.
Les plumes sont irriguées par le système sanguin uniquement pendant leur croissance. Une fois contituées, elles ne sont plus que des "structures mortes", sans innervation ni irrigation. Toute modification du plumage qui apparaît au cours d'une mue dure donc jusqu'à la mue suivante. C'est chose à ne pas oublier, notamment pour l'élevage de certains canaris qui ont besoin de pâtées colorantes.


LE SYSTEME RESPIRATOIRE



Les oiseaux et les mammifères ont un système respiratoire très différent. L'oiseau a deux poumons qui ne changent pas de volume au cours de la respiration. Il dispose de plusieurs sacs aériens qui communiquent avec certains os creux, d'où leur nom "d'os pneumatiques".

LES BESOINS EN OXYGENE

Les efforts du vol nécessitent un grand apport en oxygène. Bien que relativement petits comparés à ceux des mammifères, les poumons des oiseaux sont plus efficaces, quelle que soit l'altitude. Les échanges gazeux sont facilités à l'intérieur des poumons par de minuscules capillaires qui assurent la fixation de l'oxygène par les globules rouges, et la libération de gaz carbonique. Les sacs aériens ne participent pas directement à ce processus, mais ils sont indispensables à l'efficacité du système et fonctionnent comme des soufflets. A l'inspiration, l'air passe à travers les sacs aériens postérieurs. A l'expiration, il traverse les poumons par les sacs antérieurs avant d'être expulsé.
Ces mouvements sont contrôlés par deux ensembles de muscles. Contrairement aux mammifères, les oiseaux n'ont pas de diaphragme qui détermine une différence de pression entre les cavités thoracique et abdominale. Ce sont donc les muscles intercostaux qui stimulent l'inspiration par une expansion du thorax, puis les muscles abdominaux qui déclenchent l'expiration par une compression. Le vol requiert une légère adptation : les muscles pectoraux déplacent le sternum vers l'avant et le dégagent des vertèbres en se contractant et en se relâchant.
Ce système assure un important échange respiratoire à l'inspiration et à l'expiration. Chez les mammifères, les poumons ne se vident jamais complètement. La disposition des vaisseaux sanguins permet également un apport en oxygène des plus efficaces. Le sang ayant déjà parcouru l'organisme, donc pauve en oxygène, croise l'air qui vient d'être filtré par les poumons. Celui-ci contient encore de l'oxygène qui se diffuse alors dans le sang, déclenchant la libération de gaz carbonique. A mesure que le sang circule dans les poumons, il absorbe de plus en plus d'oxygène, jusqu'à ce qu'il en soit saturé.
Les sacs aériens ont bien d'autres fonctions : thermorégulation, humidification de l'air, réserve d'air pour le chant... Ils servent donc à la parade nuptiale de certains oiseaux comme la frégate. Quand il fait sa cour, la mâle gonfle les poches rouge vif de sa gorge pour attirer la femelle.

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Published by dominique limon - dans ANATOMIE DES OISEAUX
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  • : Présentation des usages et habitudes des oiseaux vivant en captivité en volières adaptées en intérieur ou extérieur, suivant l'espèce, ou en liberté, à partir d'un perchoir à l'intérieur. Passion pour l'ornithologie et la protection des oiseaux que je souhaite transmettre et faire partager.
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  • ce blog est une archive du temps que j'ai consacré à l'élevage d'oiseaux exotiques. A ce jour, j'ai cessé tout élevage et me suis séparée de mes oiseaux

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